L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour,
Tout va toujours bien... Aujourd'hui j'ai envie de débuter par une expérience qui n'est pas la mienne.
J'ai beaucoup pensé à une phrase qu'une patiente hospitalisée après une rechute, a lancée lors du dernier groupe de paroles :
"Maintenant, il faut tout recommencer à zéro".
Replaçons dans le contexte : A. est restée abstinente durant 13 ans. Et en début d'année dernière, elle a osé la fameuse coupe de champagne, se croyant épargnée. Mais celle-ci en appelant une autre, la machine a été relancée et A. s'est retrouvée de nouveau et assez vite dans la spirale infernale.
J'entends et je comprends ce qu'elle ressent : après des années de renaissance, de bien-être, elle vit cette rechute comme un véritable échec. Il n'y a d'ailleurs pas besoin d'attendre autant d'années : toute rechute est un échec !
Son parcours a été visiblement long avant de réussir à vivre sans alcool (succession de soins, de cures,...), et aujourd'hui retour à la case départ ? Je ne le pense pas.
Toute expérience, aussi négative soit-elle, est un vécu dont nous sommes capables de sortir encore plus grandis. De plus, 13 années d'abstinence, ça n'est pas rien ! A. sait sûrement ce que cela représente : une vie "normale", et surtout qu'il est possible pour elle d'y parvenir !!! (Pour ma part, ce que je ne sais pas encore sur une aussi longue durée).
Bien-sûr, elle est encore sous le choc : culpabilité, démotivation par moments, voire honte de sa récidive (elle a mis longtemps à en parler et oser aller de nouveau vers les soins, tant son image était celle d'une femme qui a réussi, qui s'est investie dans le monde associatif, et qui respirait la joie de vivre).
Je comprends l'angoisse de devoir entamer de nouveau le processus de soins, de regagner la confiance de son entourage, de reprendre une vie sociale. Et c'est là que nous nous rejoignons. Nous sommes, avec nos parcours différents, sur un pied d'égalité.
Quant à moi, j'ai décidé de ranger le passé dans un placard, que je n'ouvre que de temps en temps pour y puiser ce qui est nécessaire à une avancée vers de jours meilleurs.
Il m'a fallu 5 ans pour, je pense, réussir à appliquer cette devise, cet outil. Je disais souvent qu'il me manquait peu de chose pour y parvenir : les problèmes de santé (ajoutés au reste de ceux générés par cette maladie) auront peut-être été ce déclic qui m'était destiné... ou que j'attendais : aller jusqu'au bout pour tester mes limites à l'autodestruction... ?
"Le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance"
Coline Serreau
C'est elle qui l'a dit...
A bientôt