L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour !
En préambule :
Je vais bien. Je retrouve peu à peu ma « zenitude » et poursuis la hausse du baclofène sans effets secondaires significatifs.
Les 9 jours passés en centre hospitalier m’ont permis de me recentrer sur l’instant présent, sur ma reprise en mains et surtout sur la décision ou non d’avoir les capacités de reprendre le travail.
Aidée par un VRAI spécialiste, mon véritable désir m’est réapparu, sans nul doute : j’étais en mesure de reprendre mon poste ce vendredi 28 septembre à 8h30. Et tout s'est bien passé. Un peu d'appréhension, mais pas de stress.
Je parle de VRAI spécialiste, car un épisode malheureux a marqué, sans en être la cause, ma rechute : la rencontre avec la psychologue qui me suivait depuis plusieurs mois, et qui sans me laisser m’exprimer m’a affirmé que je ne n’étais pas capable de retravailler, de retourner dans mon entreprise,… J’aurai sûrement l’occasion de revenir sur mon sens du professionnalisme dans le domaine de la psychologie.
Il y a quelques temps, j’écrivais un article intitulé « Hypothèses et acceptation »
Si vous souhaitez le relire, voici le lien direct :
http://unebouteillealamer.over-blog.org/article-hypotheses-et-acceptation-106957492.html
Je pensais que l’humilité ne pouvait pas s’appliquer à mon cas, par opposition à la prétention, qui ne faisait pas partie de ma personnalité.
Erreur ! Grosse erreur !
Si vous me lisez régulièrement, vous avez compris mon attachement au choix des mots ! Alors, j’ai flâné ci et là quelques définitions…
Celle qui me convient le mieux est bien celle de wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Humilit%C3%A9
Pour résumer, l’humilité est un état d’esprit, qui s’acquiert en comprenant la place que l’on occupe dans tout son environnement.
Une phrase a attiré mon attention :
« Par opposition, c'est souvent par manque d'humilité qu'un individu se dévalorise, en surestimant ses propres capacités et donc en considérant ses réalisations comme médiocres. »
Mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr !
Je l’ai traduite ainsi en l’adaptant à mon propre cas :
Mes objectifs ont été si hauts pendant de si longues années, que de ne pas réussir à les atteindre m’a renvoyé la notion d’échec et d’incapacité.
J’ai bien retenu aussi que la fierté n’est pas incompatible avec l’humilité, dès l’instant où on reste dans la réalité, dans le constat.
Donc plus d’hésitation aujourd’hui. C’est bien avec humilité que je souhaite entamer cette nouvelle vie.
Le plus difficile jusqu’à présent ?
Ca a été de reconnaître mes vrais défauts, mais véritables erreurs, et non pas m’arrêter à une dévalorisation d’ensemble.
Le plus difficile maintenant ?
D’adapter mes objectifs à mes réelles capacités et non à celles qu’on m’a demandé d’avoir… Alors qu'ils étaient déjà trop élevés, avec les épreuves, ma santé, mon âge peut-être un peu aussi (!), je dois les revoir une nouvelle fois à la baisse !
Faire ce que l'on peut, lorsqu'on le peut.
Quand je dis «on m'a demandé d'avoir», je fais bien sûr référence à mon éducation, à mon père…
Je suis très en paix avec tout ça, car je sais maintenant combien il est difficile d’être parent, et que dans ce domaine il n’y a pas non plus de perfection.
D’ailleurs, lorsque je me repenche sur cette éducation, et bien cette étincelle qui me réanime à chaque descente vers l’enfer, je pense que je la dois à cette éducation !
Toujours aller de l’avant, quoi qu’il arrive,…
L’humilité, je souhaite l’avoir avec cette maladie, avec les autres, et avec moi-même avant tout.
Donc c’est avec humilité que je reprends mon job, et sans une certaine fierté d’avoir réussi à me prouver que ce qui me paraissait impossible, est possible aujourd’hui.
Cette humilité, je dois aussi la développer envers cette maladie qu'est la mienne. Forte de mes certitudes de la vaincre avant même de l'avoir comprise, puis de l'avoir "adoptée", combattue, et même croire en ma victoire, j'ai oublié que l'épée de Damoclès planait toujours au dessus de ma tête. ..
"Or, il ne faut jamais perdre son humilité face à la maladie. (...) Alors qu'il fallait rester humble, j'ai commis l'erreur de croire que j'avais trouvé la martingale gagnante, celle qui me permettrait de demeurer en bonne santé tout en me donnant à fond aux projets qui me passionnaient."
On peut se dire au revoir plusieurs fois - David Servan-Schreiber
C'est lui qui l'a dit...
Illustration : Faim de siècle. Ange de JC de Castelbajac. Gare du Nord.
Un ange passe, un ange reste...
A bientôt !