L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour,
Plus matinale, donc c'est bon signe côté alcool... mais cela veut aussi dire que je me suis bien habituée à ces benzodiazepines en contre-partie. Mais bon, on n'a rien sans rien !
Le moral est revenu, moins de cauchemars, de sueurs la nuit : je me répète à chaque fois, car ces symptômes sont bel et bien réels et font partie du processus. Il est bon de le savoir. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Hier, j'ai passé un moment chez moi à discuter avec mon plus grand garçon (22 ans). Nous avons reparlé de la maladie, j'ai répondu à ses questions, comme par exemple "Mais qu'est-ce qui fait que tu vas bien, et que tout bascule d'un seul coup ? Je ne comprends pas". Même si moi-même je n'ai pas toutes les réponses, j'ai simplement tenté de lui exprimer mon ressenti à chacune de ces étapes, et de lui dire qu'il y a un blocage psychologique que je ne parviens pas pour l'instant à régler. Et tant que je ne l'aurai pas réglé, l'alcoolodépendance sera difficile à maîtriser, comme mes émotions.
Notre avis s'est rejoint très vite sur un sujet, puisqu'il m'a confirmé que j'avais besoin de travailler, de m'occuper l'esprit, les activités manuelles qui occupent mon temps après sevrage, la lecture, le jardinage... (que j'apprécie pourtant) ne suffisant pas...
Cela tombe bien, car ayant créé une entreprise, je vais l'aider à développer ses démarches commerciales et de... communication !
Nous avons parlé longuement de sa reprise d'activité pour l'automne, et ce moment m'a procuré une sensation que je n'avais pas connue depuis longtemps : excitation, impatience...
Je vais enfin servir à quelque chose professionnellement, et en plus pour mon fils !!!!
Ce fut un moment de partage, de tendresse aussi, car je me sentais capable de me livrer, d'avoir une conversation sérieuse, et j'ai ressenti le bien-être que cela lui procurait (confirmé par un bisou intense à son départ).
C'est bien pour tout cela qu'il faut que je poursuive ma bataille, même s'il est plus délicat de vivre des moments équivalents avec mon plus jeune fils (9 ans), qui est pour l'instant en vacances avec son papa.
En cure au mois de septembre, je n'assisterai pas à sa rentrée des classes, et je risque de ne pas le voir avant mon départ...
Ressenti : culpabilité, tristesse.
J'essaierai toutefois d'avoir une conversation avec lui par téléphone, en essayant de trouver les mots les plus appropriés pour lui faire partager l'espoir réel que je mets dans ma prochaine étape. Sans doute pas facile à comprendre pour un petit bonhomme qui partage mon quotidien et qui m'a déjà vu partir en hospitalisation tellement de fois... Mais j'essaierai.
En finalité, je me dis que j'ai de la chance : deux enfants merveilleux, une famille qui m'entoure (prête à prendre en charge mon fils pendant mon absence - son papa vivant à 350 kms), des amies qui me soutiennent, mon compagnon qui m'héberge pour éviter que je sois seule chez moi...
Mon destin est entre mes mains, ça je le sais depuis longtemps. Arriverai-je à en tirer le positif pour le quotidien futur ? Réponse dans quelques semaines, voire quelques mois...
Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.
Marguerite Yourcenar
C'est elle qui l'a dit...
A bientôt