L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour,
L'alcoolodépendance peut toucher toutes les générations, toutes les couches sociales,...
Et nous voilà tous égaux face à cette maladie.
Au cours des groupes de paroles auxquels j'assiste, je m'aperçois toutefois que cette égalité paraître paradoxale.
Différentes personnes nous sommes : femmes, hommes, jeunes, moins jeunes, "insérés" professionnellement, marginaux,...
Différentes personnalités nous avons : fort caractère, ambition, motivation profonde, fragilité,...
Différents passés nous avons, et différents présents.
Je suis toujours épatée par ceux qui sont abstinents depuis plus d'un an, après seulement une cure, voire 10 jours de sevrage. Alors pourquoi pas moi ?
Parce que dans l'égalité, je dois être différente !
Je suis aussi à la limite de la culpabilité lorsque certains expliquent leur alcoolisme par une réaction à une situation particulièrement douloureuse (maladie d'un proche par exemple). Alors, pourquoi je me suis abandonnée à ce poison quand mes problèmes étaient bien moins importants ?
Parce que dans l'égalité, je dois être différente !
Si les témoignages diffèrent, nous arrivons toujours à un moment ou un autre à un constat identique : l'alcool nous a enlevé une partie de notre vie ; nous sommes passés par les mêmes moments de culpabilité, de souffrance morale, physique ; nous avons eu les mêmes symptômes (état de manque - voire crise d'épilepsie -, se cacher pour boire, cacher les bouteilles, ne plus se souvenir de ce qu'on a dit ou fait,...).
A ces moments là, la différence de chacun s'évapore et laisse place à une égalité évidente : celle de l'alcoolodépendance et de l'envie de ne pas retourner dans cet enfer de vie.
C'est ce que j'aime dans ces groupes de paroles. Là où enfin le jugement disparaît et où l'écoute, l'échange et le soutien sont les moteurs de ces rencontres. Comment pourrais-je y assister si l'indifférence était de mise ?
Lorsqu'on souffre, rien n'est plus pénible comme le contact des indifférents.
Laure Conan
C'est elle qui l'a dit...
A bientôt