L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour,
Tout semble suivre son cours "normalement", si on peut appeler ma situation de telle façon.
J'ai plutôt tendance à vivre au jour le jour, voire à très court terme.
Sans doute l'expérience des rechutes, le fait que je sois en arrêt maladie depuis plus d'un an (je ne compterai pas les deux 1/2 journées récentes, de passage dans mon entreprise...
En effet, que mettre sur un CV lorsqu'on n'a plus le poste correspondant à son métier (le mien c'est la communication et j'étais responsable de service depuis plus de 11 ans...), lorqu'on a occupé un autre poste (responsable qualité) durant seulement 8 heures, et avec une absence de 14 mois au répertoire ?
Impossible de retourner dans mon organisme (établissement public de logement social), trop compliqué dans plein de domaines, et j'ai déj'ai déjà tenté deux retours qui m'ont menés vers vers une nouvelle descente aux enfers. Comment trouver ailleurs ?
Une impasse pour l'instant, d'autant que je sais qu'il est nécessaire une nouvelle fois de me reconstruire avant d'envisager une activité professionnelle.
Alors j'essaie, tout en étant attentive à mon suivi médical, de trouver des activités :
-auxquelles je prends plaisir : jardinage, créations manuelles, déco,... A ces moments là, je me concentre, et ne pense pas à autre chose.
-qui me permettent d'être utile : Mon fils m'a sollicitée pour l'aider, notamment administrativement, dans son entreprise. J'ai donc commencer à créer plein de documents qui pourront lui faciliter la tâche. A ces moments là j'éprouve de la satisfaction, je reprends un peu confiance en moi, et je pense à lui.
Le reste de mon temps, je le consacre à mon plus jeune fils : la connivence est de retour malgré son petit caractère "pas piqué des vers". Je renoue aussi le lien social que j'avais un peu perdu et qui m'est pourtant indispensable.
La création, me rendre utile et le lien social. Trois thèmes que je sublimaient grâce à mon métier. Le deuil est en cours de ce côté là.
Mais je ne baisse pas les bras, et réfléchis à un projet qui me tient à coeur : mettre en place des actions d'information et de sensibilsation à l'alcoolodépendance. Je sais que déjà beaucoup travaillent dans ce sens, mais je souhaite toucher d'autres cibles que celles des malades "reconnus" comme tels, des jeunes,... Déjà bon nombre de choses sont faites, et bien faites.
Où ? Comment ? Lever l'anonymat ? (ça, je m'en sens prête, mais mon plus jeune garçon ne le souhaite pas). Je songe à tout cela, et je m'y pencherai plus précisemment au fil des semaines à venir. Chaque chose en son temps, pour l'instant c'est le court terme !
Me rendre utile : très récurrent dans ma vie pro et perso. Pourquoi ? Pour prouver quoi ? Pour recevoir quoi peut-être ?
Demain, je me rends à ma séance de psychothérapie par l'hypnose, la méthode qui m'a le plus apporté depuis une année - je rappelle que la rechute n'est pas forcemment signe d'aggravation de la maladie, mais peut aussi être le déclic supplémentaire pour un pas en avant, et c'est mon cas - j'évoquerai ce besoin de me rendre utile... et je vous raconterai !
On juge bien avilissantes ces actions qui se répètent et qui portent en elles le malheur de n'être utile à personne.
Marie-Claire Blais
C'est ELLE qui l'a dit...
(chouette ! J'ai enfin une citation féminine !)
A bientôt