L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Pascal,
J'espère que là où tu es tu pourras lire ces quelques mots.
Je ne suis pas - plus - croyante , mais cela fait du bien d'imaginer que tu n'es pas loin...
Nous nous sommes connus en cure. Nous avons pris le petit déjeuner, le déjeuner et le souper ensemble (pas en tête à tête, mais avec 3 autres personnes toutes aussi importantes à notre table) pendant quasiment 4 semaines. Ca n'est pas rien ! Plus les moments de la journée que nous partagions aussi...
Et puis il y a eu cette matinée où nous sommes partis en forêt avec R.. Tous les 3, en amis. Je me sentais la petite fille qui avait tout à apprendre. Et c'était vrai. En m'appelant tous les deux BB, je découvrais les termes de chasse que j'étais à mille lieux d'imaginer.
Nature, marche, découverte, amitié, voilà ce que je retiens de ces 8 kms à pied que j'étais fière de raconter, voire crier aux autres !!!
La cure terminée, nous sommes restés en contact.
Et là, l'homme réservé, le grand et fort homme de chasse , s'est dévoilé peu à peu...
Et là la faiblesse, le désarroi, la solitude sont apparus à mes yeux...
Nous nous sommes téléphoné souvent, oui bien souvent pour parler de toi, de moi - tu voulais toujours savoir comment j'allais - et je me livrais aussi...
Souvent tu m'a parlé de suicide et nous avons échangé sur le sujet. Je t'ai parlé de mes trois tentatives, j'essayais.
Je te sentais rongé par le mal-être et la solitude, de plus en plus. Tu me disais, que seul dans ta maison tu repeignais pour t'occuper.
La dernière fois que je t'ai parlé, tu m'as dit que tu partais pendant un moment en Turquie.
Le 15 nov. tu m'envoyais un sms : "Slt. Comment vas tu ?". Et je n'ai pas répondu.
Après, je me suis dit bêtement qu'après la Turquie tu allais mieux du fait que je n'avais pas de nouvelles.
Le 17 nov., tu décidais de partir. Je l'ai appris tout à l'heure.
Trois semaines. Oui trois semaines que tu as décidé de prendre la corde plutôt que le fusil, comme tu me le disais. Et moi, je pensais que ça pouvait aller...
Pascal, je suis désolée de ne pas avoir répondu à ce sms, même si ça n'aurait rien changé.
Je pense à toi