L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour !
Avant toute chose, 2 choses :
Dans mon "journal de bord", que j'ai déjà évoqué, il est noté "Trois mois ou des années ?", cela m'interpelle et je compte. Cela ne fait que 2 mois 1/2 et en effet cela me semble une éternité que je n'ai pas pris de verre !
Il est noté ensuite "Cela ne fait que 3 mois que j'ai arrêté de boire et pourtant j'ai l'impression que cela fait des années (...) Et aujourd'hui tous ces mois ou ces années de combat, portent leurs fruits".
Il n'y a pas photo !!!
Ensuite, je reviens sur l'appellation de cette catégorie "Penser pour se panser". Ce sont deux mots que j'ai découverts à travers ma lecture de Jacques Salomé (psychologue de son état). Je les ai associés pour en faire un titre, car je pense vraiment qu'ils reflètent mon état d'esprit. Le Pr Jaury (cf articles sur le baclofène) utilise cette expression très souvent pour l'importance du suivi psychologique.
Donc je me dis que je suis toujours sur le bon chemin...
Bon. Retour au thème d'aujourd'hui : Les autres... dépendances.
Je ne m'étendrai pas sur celles aux achats, aux jeux,... voire au chocolat (hummm) qui sont très bien évoquées dans le livre du Dr William Loweinstein "Ces dépendances qui nous gouvernent. Comment s'en libérer ?", et dont je vous conseille la lecture. Les dépendances, avec des fonctionnements bien différents, peuvent être diverses et variées.
Je m'attarderai plus sur la dépendance aux autres, ou à des situations.
J'en ai connu plusieurs, car souvent une dépendance ne va jamais seule...
J'ai été, je pense, une "working girl" pendant plusieurs années. Dépendance au travail, dans lequel je mettais toute mon énergie, afin de combler le manque affectif que je ressentais à la maison.
Et puis c'était LE domaine dans lequel j'avais encore confiance en moi, et que je pouvais CONTROLER. Il me semble que ce mot va de pair avec celui de dépendance.
*Qu'est-ce qui a fait que je me suis lancée à corps perdu dans une activité au détriment des autres ?
*N'avais-je pas au fond, un besoin de contrôle que je n'exerçais plus à la maison ?
*L'alcoolo-dépendance n'apporte-t-elle pas une souffrance supplémentaire par rapport à cette perte de contrôle, puisque le produit est plus fort que soi ?
Quelques unes des questions sur lesquelles j'ai travaillé. Accepter les autres tels qu'ils sont, accepter la différence, et surtout m'accepter telle que je suis. Quel apaisement...
Dans ma famille, j'ai connu deux formes de dépendances :
la dépendance à mes parents : financière (au détriment de mes choix véritables) et psychologique (culpabilisation) que j'avais du mal à accepter.
*la réflexion,
*l'affirmation,
*et une bonne dose de psychothérapie m'ont permis de prendre du recul, de m'affirmer, de me dire qu'ils ne changeront pas (à près de 80 ans, ce serait attendre l'impossible !), et que tout ce qu'il font (mal, certaines fois, comme tout parent), ils le font par amour (et un peu en attente d'un retour que je leur donne si je peux... ou pas, si c'est trop difficile). cette dépendance, je l'ai acceptée avec souffrance. Aujourd'hui, j'en accepte seulement ce qui me fait du bien. Quel apaisement... (bis)
la dépendance de mes enfants : celle que j'ai créée, de toute force, et qui s'est amenuisée au fil du temps, ou par obligation.
*élever quasiment seule mon fils le plus âgé (23 ans) m'a bien convenu. J'ai pu avoir le contrôle sur son éducation, je l'admets aujourd'hui.
Mais je ne peux maintenant que m'en prendre à moi-même s'il y a eu des failles !!! Je l'admets aussi.
J'ai toutefois dû, pour le laisser grandir, être lui, essayer de se trouver, etc. accepter qu'il fasse ses choix. Pas facile comme exercice car comme beaucoup de mamans je souhaitais "le meilleur pour lui" et surtout ce que cela représentait pour moi uniquement ! Résultat : brillant à l'école (bac +5 aurait été pas mal), dans son travail (poste à haute responsabilité), un statut social irréprochable (marié avec une jeune femme aussi bien que lui, grand-mère assez tôt, une grande et belle maison...). Enfin bref, qu'on me félicite de toute part ! Ca c'est ce que j'espérais.
Ce qui est aujourd'hui : Tout le monde félicite mon fils (et je le prends comme une féliciation pours ses deux parents) pour
*son parcours accompli, sans hautes études (CAP carrelage faïence),
*pour son courage et sa détermination (il a fondé son auto-entreprise dans... le parfum ; il a aussi acheté un vieil appartement qu'il a totalement rénové pendant un an,...),
*pour son équilibre et ses responsabilités face à la vie (il est célibataire, a su prendre le dessus sur une rupture difficile, il gère son budget au plus juste, il sait aussi se faire plaisir...)
Tout cela, en étant revenu à la maison ! Vivant dans son univers au rez de chaussée, nous partageons de bons moments en attendant son départ vers le sud de la France.
Quel apaisement... (ter)
*élever de façon différente mon plus jeune fils (10 ans). Là, tout est différent. Une présence forte de son père, même s'il est parti un an vivre en amérique du sud. Et, si pendant ce temps, j'ai réussi à contrôler son éducation, la maladie m'a enlevé ce "pouvoir", malgré moi. Le constat était terrible : je n'étais plus capable de lui apporter ce qu'une mère se doit de donner : de la sécurité. C'est donc par obligation que j'ai décidé de proposer à son père de "le prendre en charge"... Aujourd'hui, nos rapports son forts différents. les rôles de parent présent sont inversés. je constate combien partager sa vie avec son père est important aussi. Si la distance n'était pas là, je crois que nous envisagerions une garde alternée ! Cer mon fils souhaite revenir ici pour le collège. Ca c'est une bonne nouvelle !!! Quel apaisement (quater)
Au risque que ce billet soit trop long, je reporte la suite à une prochaine fois !
Illustration : la fameuse tour de contrôle. Mais qui se trouve réellement dedans ? Qui trouve son intérêt à s'y conformer ?
"Le piège à éviter c'est de transformer tout désir en demande."
Jacques Salomé
C'est lui qui l'a dit...
A bientôt