L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour,
Sans vouloir être saoulante (oups ! ou version 2011 : mdr), aujourd'hui c'est le 10ème jour de mon sevrage. Peu, mais primordial pour moi.
Je parle toujours de sevrage car même si mon corps est sans doute débarrassé de ce besoin, j'avoue ne pas être prête à revenir dans le vrai monde sans prendre un gros risque. Pourtant cette fois-ci, contrairement à mes séjours en centre hospitalier, je n'en suis pas totalement coupée.
Je reste active, même si c'est un bien grand mot pour l'instant : on ne me sert pas mon traitement, ni mes repas sur un plateau,on ne fait pas mon lit,... Non, je suis autonome. Aidée, mais autonome. Je trouve que c'est une bonne chose.
Il y a toutefois un point commun : je me rends compte à quel point mon quotidien normal me pèse, et qu'il est important que je m'en éloigne un temps pour réussir un début d'abstinence.
Je me trouve à 7 kms de mon lieu d'habitation, donc pas trop loin pour aller voir mes enfants, mais je ne me sens pas capable d'affronter tous ces visages en centre ville, tous ces lieux qui me rappellent tant de souvenirs encore douloureux.
Et puis il y a cette maison dans laquelle je vis : je l'aime et je ne l'aime pas ! Je l'aime, car j'ai la chance de l'avoir ; elle est grande, j'ai commencé l'aménagement de mon jardin comme je le souhaitais, j'ai tenté de redécorer l'intérieur aussi, mais... je ne l'aime pas car j'y ai grandi et une grande transformation s'imposerait.
Et puis il y a aussi le fait que je ne travaille pas : je crois tout simplement qu'après quelques semaines passées à bricoler, réaliser des travaux créatifs, jardiner, ranger,... - ce que j'adore toutefois - je m'ennuie !
A partir de ce moment là, la rumination commence avec ses effets pervers : "je ne sers à rien ni à personne", "j'ai tout perdu : mon travail, l'amour de mes enfants". Et tous les objectifs que je m'étaient fixés s'envolent : participer à la vie de deux associations qui m'intéressaient, écrire, lire,... et c'est de nouveau canapé et boisson. Vous me direz que cela porte un nom : la dépression. Oui, en effet, mais cela fait maintenant plus de 4 ans que je me bats contre ces 2 maladies, la dépression et l'alcoolodépendance, et je n'en vois toujours pas l'issue, quelle qu'elle soit, même je ne cesse de l'imaginer (en bien !).
Ne croyez pas que je sois totalement négative, sinon je n'aurais pas fait la démarche de me soigner une nouvelle fois ! Mais j'ai, comme à chaque fois, envie que l'abstinence dure, dure, perdure pour devenir (et non redevenir. Je ne serai jamais comme avant, je l'ai enfin compris) une mère et une femme équilibrée.
Non, je ne suis pas totalement négative : l'espoir et bel et bien là en ce 10ème jour de ma nouvelle vie. Mon devenir est entre mes mains et dans mon coeur, j'en suis certaine !
Vois : je te dis des conseils excellents. Eprouve-les en ton coeur.- Agis ainsi, - Tu deviendras une être accompli, - Tout mal sera écarté de toi.
Ani Choying Drolma
C'est elle qui l'a dit...
A bientôt