L'alcool et moi : une grande histoire ! Ca va, ça vient... Aussi, j'ai envie de partager mon expérience...
Bonjour !
Plus de 3 mois d'abstinence, et toujours une envie chaque matin (et oui !)... de croquer dans la vie à pleines dents !
Moi qui attache tant d'importance aux mots, et on me le reproche de temps en temps lorsque je précise une expression en changeant un verbe ou un adjectif "ça n'est qu'une histoire de mots", je m'aperçois que même la ponctuation a un sens.
J'ai observé que mon bonjour a changé : de "Bonjour,", je suis passée à "Bonjour !".
Détail, me direz-vous ? Pourtant c'est à l'image de ce que je ressens : le point d'exclamation me permet d'appuyer sur la bonne humeur qui l'accompagne...
Contrairement aux usages actuels de simplification (SMS par ex.), j'ai tendance à multiplier les signes de ponctuation.
Je les utilise, je les multiplie, j'en abuse, mais j'adore...
A contre-temps ? Tant pis. Je revendique mon choix !!!
Cet article, j'y pense depuis longtemps. Mais justement, mon attachement aux mots et à leur sens, m'a fait changer son intitulé.
Je souhaitais le titrer "Humilité et acceptation". Et puis au fil des discussions sur l'humilité, du plaisir de feuilleter mon dico (ringard ? J'assume aussi ! ), j'ai été convaincue par le fait qu'à contrario je ne pense pas avoir été prétentieuse, mais plutôt cloisonnée par des certitudes (si tu lis cet article, et bien tu vois, j'ai écouté et je te donne même raison !).
Hypothèses et acceptation.
Voilà 2 mots qui représentent bien ce que je mets en place chaque jour.
Hypothèses.
Ces certitudes que j'avais quant à mes choix de vie se concrétisaient ainsi :
Je pensais savoir où j'allais, sans avoir d'autre choix.
"Je ne suis qu'une alcoolo, je sais que je ne m'en sortirai jamais"
"Je me connais, je ne supporterai pas..."
"Je suis nulle au travail, bonne à rien, mauvaise mère,..."
etc,etc.
Quant à mon rapport aux autres :
"Je sais ce qu'il (elle) veut dire"
"Je le (la) connais, je sais qu'il (qu'elle) ne m'aime pas, qu'il (qu'elle) le fait exprès,..."
Tellement cloisonnée que je n'écoutais pas. Lorsque l'autre parlait, je pensais déjà à ce que j'allais répondre forte de mes propos qui ne pouvaient être que la Vérité !
Alors oui, j'ai pensé à l'humilité : rester humble face à soi et à son interlocuteur. Mais lorsque le dictionnaire explique que la personne est porté à rabaisser ses propres mérites, je me dis que j'étais plus que humble, puisque je me dévalorisais sans arrêt !
Emettre des hypothèses et non des certitudes, ça m'va bien !
Ne jamais... dire jamais : "je ne boirai plus", "je ne m'en sortirai jamais",...
Ne pas être certaine de moi sans me connaître vraiment, et au passage m'accepter tel que je suis avec mes qualités et mes défauts : pas facile du tout quand je voulais tendre vers la perfection !!! (objectif impossible, donc dévalorisation dès qu'il y a un obstacle)
Et ne pas me permettre de penser à la place des autres, sous prétexte que j'ai déjà interprété leurs propos ou leurs actes.
Je n'ai pas ce pouvoir, et personne ne l'a. Ca c'est une certitude !!! (cartomanciens et autres versions de "gourous" ne sont pas prêts de m'avoir. Enfin, je l'espère...)
Ecouter d'abord, et après émettre éventuellement des hypothèses. Qui se vérifient... ou pas.
Acceptation.
Un autre gros morceau de ma remise en cause. C'est la première méthode que j'ai mise en place.
Accepter ce qui ne peut pas être changé. Vaste programme...
Chacun a sa croix, que je ne juge plus : chaque personne a son seuil de tolérance face à la douleur (physique ou psychologique). Pour certains, un retard sera une catastrophe, pour d'autres de dures épreuves sont leur parcours quotidien et ils continuent à avancer la tête haute.
Dans mon cas, c'est le pardon qui a fait la différence dans bien des situations. Je n'ai pas excusé, mais j'ai pardonné. Ma colère, source de souffrance incontestable, s'est transformée en apaisement. Je ne peux rien changer à la situation, mais je réussis à vivre avec, sans grosse souffrance.
L'acceptation va de pair. Accepter pour pardonner... Accepter que je me sois trompée sur des hypothèses.
Cette semaine, jai vécu un moment important dans mon parcours de rétablissement : un rendez-vous professionnel avec ma responsable hiérarchique et le directeur général de mon organisme, pour préparer ma reprise en septembre prochain.
La pratique de l'écoute a été à la source de mes pensées. Un fil rouge tout au long de l'entretien.
Même si je connais bien ces deux personnes, je me suis attachée à ne pas penser à leur place, à les laisser parler (longtemps parfois, sur des sujets qui me paraissaient évidents. Pff ! sacrée certitude, quand tu nous tiens).
Exercice encore peu naturel pour moi, mais le constat est évident : tout s'est bien passé. J'ai ressenti un vrai dialogue, nous étions, me semble-t-il, sur la même longueur d'onde,...
Moment intense en émotions... en états d'âme...
"Que le soleil se lèvera demain est une hypothèse."
Ludwig Wittgenstein
C'est lui qui l'a dit...
Illustration : illusion d'optique - Pont ou bâteau ?
Je vous invite également à écouter ce morceau (bien fort de préférence).
http://www.youtube.com/watch?v=CXPl7GpRlZA
"Ouverture"
Ecrit et interprété par Etienne Daho
Rencontre homme/femme ? RV avec l'amour ? RV avec la vie ? Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Pour moi, plein d'interprétations. Mais elles m'appartiennent...
A bientôt